août 2008


Le plat emblématique du Brésil c’est la feijoada. C’est à base de riz, de haricots noirs (feijoã), de chou, de farine de manioc, d’oranges, et…

 

… de viande de porc ! (donc pas pour moi)

 

Mais voilà que je reçois un mail de l’ACIB :

 

Vous l’aurez compris : le dimanche 31 c’est feijoada Kasher en l’honneur de l’ambassadrice d’Israël à Brasília !

 

Je m’empresse d’appeler le numéro indiqué.

Ça y est je suis inscrit ! J’attends dimanche avec impatience…

 

… et le dimanche arriva !

Ce fut un grand moment de bonheur.

 

 

Você gostou da feijoada ? = Tu as aimé la feijoada ?

Le samedi c’est Chabbat. Même au Brésil.

J’ai fait une petite recherche sur internet pour savoir si il y a une communauté juive à Brasília. Effectivement il y en a une (pas deux !) et c’est une toute petite structure

 

Vendredi après-midi je décide de me rendre à l’adresse indiquée sur le site internet pour repérer les lieux et pour demander les horaires des offices.

Associação Cultural Israelita de Brasília
EQN 305/306, Lote A – Asa Norte
70737-400 Brasília DF

 

Mais voilà que sur le chemin – au 205/206 Norte – je vois un énorme chandelier avec un panneau écrit en brasilo-hébreu portant la mention « synagogue ».

 

 

 

 

Je ne suis pourtant pas encore au 305/306 Norte… Me serais-je trompé d’adresse ?   Impossible : tout le monde connaît mon sens de l’orientation légendaire.

 

Je sonne. Un homme m’ouvre la porte. Il habite ici.

Je lui demande alors où est la synagogue et il me répond qu’il y avait effectivement une synagogue à cet endroit, mais que ça fait longtemps qu’elle n’existe plus. Il ont juste oublié de retirer le chandelier et le panneau.

 

Panique : la synagogue de Brasília n’existe plus ?

 

Il me reste encore la solution d’aller jusqu’au 305/306 Norte, l’adresse indiquée sur le site internet. Mais pour cela je dois traverser l’aixão, un axe routier qui traverse Brasília dans toute sa longueur, sans feu ni stop (ça ressemble de plus en plus à un film d’aventure cet article)

 

 

J’arrive enfin au 305/306 Norte. Et là, que vois-je apparaître devant moi ? Le Saint Graal, l’ultime étape de mon périple : l’ACIB.

Je me précipite à l’intérieur avant que les portes ne se ferment (il est 17h50 et ça ferme à 18h00). Et j’apprends alors que :

  • L’office du vendredi soir est à 19h30
  • Il n’y a aucun office le samedi (ni matin, ni après-midi, ni soir)
  • Il n’y a pas de viande Kascher à Brasília
  • Par extension, il n’y a pas de restaurant Kascher non plus
  • Je peux acheter une bouteille de vin Kascher à l’ACIB
  • Il y a une mailing List de l’ACIB (je m’y suis inscrit bien entendu)

Un peu déçu quand même… mais je vais devoir faire avec.

 

 

Onde fica a sinagoga ? = Où est la synagogue ?

Faux

 

Jugez par vous-même :

Oranges

Oranges

Bananes

Bananes

 

 

 

 

 

 

 

Tomates

Tomates

Mandarines

Mandarines

 

 

 

 

 

 

 

 

J’hésite entre deux explications possibles :

  1. Quand un brésiliens achète des fruits c’est pour dans 5 jours, donc vaut mieux qu’ils ne soient pas encore complètement mûrs.
  2. Le Brésil étant un grand pays exportateur, il vend tous les bons fruits et ne garde que les mauvais.

Si vous avez une autre théorie je suis preneur.

 

Mais je vous rassure, il y a pleins d’autres fruits qui sont vraiment délicieux : les maracujas, les melons, les papayes, les citrons verts, les goyaves, les cajous, les pastèques, les mangues, les acérolas, les noix de coco, les caramboles

Aujourd’hui les 2 thésardes du labo de Pharmacognosie – Nashira et Ellen – ont fait une visite guidée pour les étudiants de 1ère année.

J’ai été cordialement invité à prendre part au cortège.

 

L’annexe

J’adooooooore l’annexe.

C’est une petite maisonnette un peu à l’écart des autres bâtiments de la fac. À l’intérieur on y fait sécher les plantes qui vont servir aux recherches du labo. Il y a des racines , des tiges, des feuilles, des écorces, des fleurs… (ça sent bon)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une autre pièce de la maisonnette il y a LE PULVERISATEUR™. C’est une machine qui – comme son nom l’indique – pulvérise les plantes séchées. C’est plus facile de faire macérer de la poudre de racine qu’une racine entière. (Photo pulvérisateur coming soon)

Cet endroit est tout simplement génial. Il n’y as pas de mur. Juste un grillage qui laisse entrer la lumière dans la pièce centrale avec toutes les plantes séchées… (c’est beau)

 

Le jardin de l’annexe

Autour de la maisonnette il y a un jardin. C’est Professora Laila – directrice de l’unité de Pharmacognosie et grande amatrice de plantes – qui est à l’origine de ce jardin. L’objectif est d’y faire pousser toutes les plantes du Cerrado, ainsi que quelques aromates et plantes médicinales. Il n’y a quasiment que des plantes que je ne connais pas. Tout est nouveau pour moi : les formes, les couleurs, les odeurs…


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le botaniste qui nous accompagnait a coupé une canne à sucre avec sa machette et en a donné un peu à tout le monde. C’était la première fois que j’y goûtais (c’est super bon). J’ai même pris quelques herbes de capim cidreira pour faire une tisane. Il paraît que ça des vertus relaxantes…

Cana de açucar

Cana de açúcar

 

 

Capim cidreira

Capim cidreira

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le labo principal

C’est ici que je vais passer la moitié de mon temps (l’autre moitié ça sera dans le labo de pathologie avec Jaime). La poudre de plantes séchées y est macérée dans différents solvants, puis le macérât est concentré, séché, et congelé. Les extraits secs ainsi obtenus vont ensuite être testés sur des parasites. Et ça c’est mon job.

 

L’animalerie

Pour finir on a fait un petit tour dans l’animalerie avec rats, souris et lapins. Je ne sais pas si je vais avoir la possibilité de faire des tests in vivo (avec souris infectées) parce que ça prend du temps et que je ne suis même pas sûr d’obtenir des résultats in vitro (sur mes cultures de parasites).

 

La visite guidée est terminée. Ça vous a plu ?

 

 

Já comeu cana de açúcar ? = Tu as déjà goûté de la canne à sucre ? 

Ceux qui me connaissent un peu comprendront aisément que l’une des premières choses que j’ai faite en arrivant à Brasília, c’est d’y importer le concept de la tarte au citron

Ça y est : je suis définitivement installé.

J’ai d’abord eu une première chambre très spacieuse avec 2 lits mais je savais que c’était provisoire. Puis j’ai dormi dans une petite chambre sans fenêtre, toujours dans le même appartement. Et à présent je suis dans…

… cette même petite chambre sans fenêtre.

En fait c’est un appartement « de transition ». C’est-à-dire que je ne suis qu’avec des professeurs qui, pour la plupart, ne restent que quelques jours. Toutes les semaines je vois donc défiler des nouveaux visages.

Le responsable du bâtiment m’avait dit que j’allais à nouveau devoir changer de chambre – dans une coloc avec des étudiants (ouais !) – mais je crois qu’il a plus ou moins oublié. Alors hier je suis allé le voir pour lui demander où ça en était, et il m’a dit que finalement je resterai dans cet appartement.

Etant donné que je ne paye pas de loyer je ne suis pas en position de demander quoique ce soit. Je lui ai néanmoins fait part de mon problème de fenêtre, et il m’a fait une proposition :

  • Tout seul dans la chambre de bonne avec douche perso (oui, en fait c’est la chambre du domestique, à côté de la cuisine)
  • Avec quelqu’un d’autre dans une grande chambre avec fenêtres mais avec douche sur le pallier

Le choix est difficile… des fenêtres ou la tranquillité ?

L’idée de déménager à nouveau toutes mes affaires ne m’enchante pas vraiment … d’autant que j’ai fini par m’habituer à l’obscurité … en plus j’ai ma propre salle de bain … et j’ai une porte qui donne sur la cuisine … Et puis je suis plutôt solitaire … qui sait sur qui je vais tomber ? … si ça se trouve il va me mettre avec K_____ (gentil mais un peu pesant lourd gluant attachant) …

« Le mieux est l’ennemi du bien ». J’ai donc décidé de rester dans mon placard.

Você deve mudar de quarta de novo = Vous devez encore changer de chambre

Je suis obligé de laver mon linge sale à la main, tout seul, dans un évier dégeulasse, avec de l’eau qui coule de partout.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Mama komm mich abholen ! »

 

 

 

Eu devo lavar roupas para mim mesmo = je dois laver mon linge moi-même

Vrai

 

Allez, juste pour le plaisir…

Comme Brasília est une très grande ville et que le réseau de bus est inexistant limité, j’ai décidé d’acheter un vélo.

Premier réflexe : je me renseigne pour savoir si c’est possible d’acheter un vélo d’occasion, mais apparemment ça revient aussi cher que d’en acheter un neuf. Donc pas de bicyclette mauve des années 50 avec un panier devant pour transporter les courses (Jipé ?)

J’apprends alors l’existence d’un Carrefour® à Brasília.

C’est un peu loin et je n’ai pas (encore) de moyen de transport mais – qu’à cela ne tienne – j’y vais à pied.

45 minutes de marche plus tard me voilà arrivé.

Maintenant, il ne reste plus qu’à choisir le vélo. J’ai l’honneur de vous présenter…

…la Harley-Vélo-Davidson

Bon OK j’avoue c’est pas mon vélo.

AxElvis a pourtant lourdement insisté pour qu’on achète celui-là, mais j’ai été catégorique : il est hors de question de faire des dépenses inconsidérées.

Après 1h30 de négociation avec le vendeur pour essayer de lui faire comprendre – en langage des signes – que je voulais acheter le vélo le moins cher, je suis finalement ressorti avec ça :

Ça m’a coûté 160 $Reals (environ 70 €).

Le vendeur m’a précisé que je ne pouvais pas l’assembler en sortant du magasin, et que je devais aller chez un spécialiste. J’avais alors acquiescé bravement tout en étant persuadé que je pourrai quand même l’assembler tout seul…

Résultat : je suis sur le parking de Carrefour®, tout seul, à 5 km de chez moi, avec un vélo non assemblé. C’est dimanche. Tout est fermé. J’appelle Hugo.

20 minutes plus tard, Hugo arrive dans sa Hugomobile (une Ford Ka® noire). J’essaye de rentrer le vélo et moi-même à l’arrière de cette petite voiture de ville.

Puis on va manger (il est 13h00)

Puis on passe l’après-midi chez Hugo pour monter le vélo.

Et voilà le résultat :

Il est sympa Hugo.

Qual é a bicicleta mais cara ? = Quel est le vélo le moins cher ?

Aujourd’hui j’ai pris l’ascenseur pour monter au 4ième étage

… et il s’est arrêté à l’étage 3 ½.

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