septembre 2008


 

Premières impression en survolant la ville en avion : c’est immense !

 

São Paulo n’est pas une ville planifiée – contrairement à Brasília – et ça se voit. Il n’y a pas « le-quartier-des-affaires-avec-des-grattes-ciel » et « le-quartier-résidentiel-avec-des-maisons », mais les immeubles poussent comme des champignons au milieux d’un tapis d’habitations.

C’est assez étrange comme paysage. D’autant que ça s’étend sur une superficie tellement grande que j’en n’ai pas vu le bout.

 

Si Brasília est le centre politique du pays, on peut dire que São Paulo est le cœur économique du Brésil, et même de l’Amérique du Sud. Pratiquement toutes les grandes sociétés mondiales possèdent un siège social à São Paulo, soit pour vendre sur le marché brésilien, soit pour produire au Brésil et exporter. Il y a des gratte-ciel partout. On dirait New York mais avec des palmiers et des mosaïques multicolores sur les trottoirs (typiquement brésilien).

 

Mais São Paulo c’est aussi :

  • La troisième ville la plus peuplée du monde après Tôkyô et Mexico
  • Une ville cosmopolite avec des 6 millions d’Italiens, 3 millions de Portugais,          3 millions d’Africains, 1 million d’Arabes, 400 000 Allemands, 326 000 Japonais, 120 000 Chinois, 700 000 Juifs, 60 000 Boliviens, 50 000 Grecs, 50 000 Coréens,   10 000 Français…
  • 60 % de personnes d’origine italienne (désolé Joanna)
  • La plus forte communauté japonaise hors du Japon
  • La ville où les personnes sont les plus gentilles du monde (élue en 2006 par le Reader’s Digest)
  • La ville aux embouteillages légendaires
  • Une des nuits les plus agitées au monde
  • Une ville où on peut TOUT trouver
  • La 25ième ville la plus chère du monde
  • Un ville qui réunit toutes les caractéristiques d’une capitale, même qui n’en est pas une (c’est Brasília la capitale !)

 

Je pense que je vais aimer.

Dire qu’il a fallu que j’aille jusqu’à Brasília pour assister à un concert de musique classique !

 

Concert

 

Mon portugais s’améliore de jour en jour, mais je ne me voyais pas pour autant aller à une pièce de théâtre. Alors quand Nashira et Ellen m’ont proposé d’aller à un concert gratuit de l’orchestre symphonique du Théâtre National Claudio Santoro, je me suis dit que ça serait une bonne alternative. Je ne sais pas du tout ce que c’est un orchestre symphonique (c’est quoi la différence avec un orchestre philarmonique par exemple ?) mais pourquoi pas…

 

 

Verdict :  la musique classique ça me dépasse complètement.

(J’ai été rassuré d’apprendre que Nashira et Ellen aussi ça les dépasse. Au moins on a essayé)

 

 

Sushis

 

Pour se consoler, on est allé au restau japonais : sushis « all you can eat » pour 50 $Reals (environ 20 €).

Là au moins pas besoins de 10 ans de solfège pour apprécier la prestation : moi j’ai presque 22 ans d’entraînement stomacal et j’étais en pleine forme. Autant dire que je leur ai mis la misère aux sushis

(Nashira et Ellen en sont restées bouche bée)

 

 

Comi bem = J’ai bien mangé

Pour paraître un peu cultivé, je suis allé au Teatro Nacional pour demander le programme. En fait c’est surtout une bonne occasion de me rendre à l’Esplanade des ministères, au croisement des deux plus grands axes routiers de la villes.

C’est là que sont réunis tous les bâtiments les plus étranges que j’ai vu et qui sont la signature de Brasília. J’adore cet endroit. Ça peut paraître moche pour certains, mais moi j’y trouve une certaine esthétique.

 

Toujours est-il que je me suis rendu au Teatro Nacional mais que sur place j’ai appris qu’il n’y avait pas de programme. Impossible de connaître les représentations pour le mois à venir : les séances sont définies chaque semaine. Pas de site internet non plus. Etonnant pour un théâtre national

 

Mais tout n’est pas perdu pour autant : il y avait une exposition de peintures sur la mezzanine du théâtre donc je ne suis pas venu pour rien.

C’est un collectif d’artistes – avec comme chef de file un certain Otávio Costa – qui travaille avec une technique spéciale, jouant avec les couches successives de peinture et avec des inclusions diverses – bois, coquillages, miroirs…

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour finir, un détail d’un tableau que j’ai trouvé absolument magnifique :

 

 

 

Não há site porque dá muito trabalho = Il n’y a pas de site internet parce que c’est beaucoup de travail

Isabel ne sait pas qui est Dark Vador, Yoda et Luke Skywalker.

 

« –  Mais enfin Isabel… STAR WARS !                            

-  Star Wars ? … non vraiment ça ne me dit rien… »

 

Vrai

 

Pour l’instant j’ai pas encore vu la pluie à Brasília, le ciel est bleu et il fait 30°C tous les jours.

Mikhael – un garçon de la synagogue de Brasília qui a appris que je faisais de l’agronomie – m’a proposé d’aller à une expo intitulée « Ciência para a vida ». C’est une exposition organisée par l’Empraba, l’équivalent de l’INRA au Brésil. Ça parle donc d’agronomie.

 

Au début ça m’a fait pensé au Salon International de l’Agriculture à Paris

« Ah y a du monde ! … Ça me fait tout à fait penser au Mondial du Bœuf à Lutèce… Nous, on a un salon du bœuf, une fois tous les deux ans à Lutèce. On expose tous les nouveaux bœufs, toutes les nouvelles races de bœufs.… C’est extraordinaire ! … Une grosse, grosse, grosse manifestation… »

 

Et puis on entre dans un couloir avec plein de graphiques que j’ai baptisé « Couloir-avec-plein-de-graphiques »…

Coton

Coton

Canne à sucre

Canne à sucre

 

 

 

 

 

 

 

 

… pour finalement se retrouver dans une grande salle sombre avec une musique étrange et des lumières partout. Il y a une image du ciel qui défile sur le plafond. Tantôt pluvieux, tantôt ensoleillé, tantôt étoilé. C’est très beau.

Au milieu de la salle il y a colonne de pluie éclairée. Le bruit des gouttes d’eau s’ajoute à la musique et ça donne une ambiance bien particulière.

Mais il y avait aussi…

 

...des expériences de biotechnologie...

...des expériences de biotechnologie...

...un bocal de parasites illuminés...

...un bocal de parasites illuminés...

...des hologrammes...

...des hologrammes...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

...des légumes qui parlent...

...des légumes qui parlent...

 

Au final, j’ai trouvé l’exposition très intéressante et très bien faite, même si c’est des trucs de bouseux d’agronome.

 

 

A cenoura tem um sotaque carioca = La carotte a un accent de Rio de Janeiro

Vous aimez le Brésil, la Samba, une compagnie agréable… vous aimez la Caipirinha !

La Caipirinha est le cocktail brésilien traditionnel, populaire et favori partout dans le pays, particulièrement au bord des plages. Accompagné de quelques biscuits apéritifs, il crée une atmosphère sensuelle et détendue.

 

Pour faire une bonne Caipirinha il faut :

 

Il y a quand même quelques petites astuces à respecter et qui font la différence :

  • Couper le citron en 9 tels les traits du jeu de morpion pour retirer  la partie blanche centrale responsable de l’amertume.
  • Utiliser une bonne cachaça, telle que « Velho Barreiro », « Magnifica », « Rochinha » ou « Gotas de Minas » qui se trouvent facilement au Brésil. Les meilleures sont les Gold (vieillies) dont l’arôme est bien supérieur.
  • Utiliser du sucre en poudre. Grâce au pilon il devient un bon abrasif pour l’écorce du citron, et permet d’en optimiser le prélèvement de l’arôme.
  • Ne pas ajouter de sucre après l’adjonction de la glace. Le nouveau sucre ne se dissout plus.
  • Servir dans un verre Old Fashioned avec deux pailles, au cas où l’une soit bouchée par la glace ou la pulpe du citron.

 

Acidulé et sucré, c’est délicieux. Et comme toute chose de haute gamme on ne sent pas sa puissance. C’est une dangereuse gourmandise qui fait rapidement tourner la tête. Comme on dit au Brésil,

« La cachaça c’est comme les seins : une seule ce n’est pas assez, trois c’est trop »

 

 

Informations tirées du site www.1001cocktails.com

Un tonnerre d’applaudissement pour la DET qui m’a enfin faxé ma convention de stage (avec 2 mois de retard).

Vous vous souvenez que je vous avais parlé de la soirée d’intégration de médecine ?

Comme prévu j’y suis allé et j’ai bien kiffé apprécié.

 

En fait je dis « soirée » mais ça a commencé à 14h par un barbecue. Rien de plus normal : le barbecue – ou churrasco comme on l’appelle ici – est une véritable institution au Brésil. C’est un peu comme l’apéro de nos campeurs français (n’est-ce pas Denis ?). Pas un jour sans.

En ce début d’après-midi ensoleillé, je me trouvais donc au beau milieu d’une sorte de « Garden Party » open bar dans le jardin d’une grande villa un peu à l’écart du plan pilote. Il y avait des goyaviers, des manguiers… et des stands de bières.

 

Puis, vers 18h30, la nuit est tombée et la « soirée » proprement dite a commencé. Un groupe s’est mis à jouer de la musique brésilienne sur la scène spécialement aménagée pour. Salsa, axé, forró, zouk…

 

Et là il s’est mis à pleuvoir d’un coup.

 

C’est la première fois que je voyais de la pluie après 2 mois de ciel bleu. Moi je pensais que ça allait gâcher un peu la bonne ambiance mais pas du tout. Bien au contraire même.

Les Brésiliens ont poussé des cries de joie et ont continué à danser sous la pluie. Ambiance brésilienne garantie : musique latino, danses endiablées et T-Shirt mouillés… Enorme !

 

Enfin, comme dans toutes les soirées où j’ai été pour l’instant, ça a fini par du Funk. Sauf que c’est pas le Funk qu’on connaît nous – James Brown, Marvin Gaye… – mais c’est un funk sale et vulgaire. Ça se danse à deux (ou trois) et le principe est de se frotter avec le maximum de connotation sexuelle possible. La plus célèbre des chansons de Funk c’est « Créu ». Tout le monde connaît ici et m’en a au moins parlé une fois depuis que je suis arrivé : les étudiants, les profs, les chercheurs, les gens de la synagogue…

Pour toi public, j’ai sélectionné une vidéo de la danse du Créu.  J’ai été sympa j’en ai choisi une pas trop choquante parce que sinon ma mère va censurer je suis quelqu’un de bien éduqué. Sur cette vidéo il n’y a que les filles qui dansent. Imaginez ce que ça peut donner quand les hommes s’y mettent… C’est nettement moins sensuel que la salsa ou que le forró…

Âmes sensibles s’abstenir !

Comme c’est pas trop mon truc, c’est le moment que j’ai choisi pour m’éclipser.

Je remercie au passage Patricia (même si je sais qu’elle ne lira jamais ce blog) qui m’a raccompagné chez moi en voiture alors que j’étais tout mouillé et plein de boue à cause de la pluie.

 

 

É um prazer de dançar com você = C’est un plaisir de danser avec toi

Permettez-moi de vous présentez brièvement la structure de Brasília.

 

Le plan pilote ! Il semblerait que la forme de la ville était censée représenter un oiseau, mais certains disent qu’il s’agit d’un avion. La plupart des guides touristiques la décrivent de toute façon comme un arc et une flèche, et certaines personnes parlent d’un papillon (faut pas exagérer quand même)

 

Comme dans tout avion, il y a deux ailes : « Asa Norte » et « Asa Sul », qui sont essentiellement résidentielles.

 

En allant vers le centre on croise d’abord le secteur hospitalier, puis le secteur commercial, puis le secteur hôtelier. Tout au centre, sur le « corps » de l’avion, ce sont les édifices du gouvernement. Et au centre du centre il y a une énorme gare routière : la « Rodoviária ».

 

 

Les ailes sont traversées d’un bout à l’autre par un axe 2×3 voies appelé « Eixão Rodoviário » escorté par 2 « Eixinhos » de 2×2 voies de chaque côté. Le corps de l’avion quant à lui est parcouru par un axe 2×6 voies : l’ « Eixão Monumental » 

Eixão rodoviário

 

Aixão monumental

Eixão monumental

 

 

 

 

 

 

 

 

L’agrandissement d’une des deux ailes (carré rouge de la première photo) montre bien le découpage de la ville en carrés. J’irais même jusqu’à préciser que les carrés font 400 m. de côté, mais ça je ne crois pas que ça vous intéresse. En brésilien les carrés s’appellent « quadra » mais je vais les appeler « block » pour pas vous embrouiller.

 

Vous l’aurez compris (ou pas) : il n’y a pas de nom de rue à Brasília, seulement des numéros de block.

  • À l’Est de l’Eixão Rodoviário c’est les centaines paires (200, puis 400, et 600), à l’Ouest les centaines impaires (100, puis 300, 500, et 700). Les blocks de la série 500 ne sont pas carrés. Ce sont les petits rectangles que vous voyez entre les 300 et les 700.
  • Du corps de l’avion jusqu’à l’extrémité d’une aile, la numérotation va de 01 à 16.

Ainsi le block « 116 Norte » se situe à l’extrémité de l’aile Nord, premier block à l’Ouest de l’Eixão Rodoviário. C’est somme toute assez logique.

 

Au sein d’un block, si on veut l’adresse exacte, on précise l’immeuble (A, B, C…) et c’est au facteur de se débrouiller pour trouver.

 

Et c’est là que ça devient intéressant :

Observer le très rigoureux zonage en « secteurs ». Les secteurs décrivent la fonction de chaque block, mais également de certains entreblocks. Mettez votre doigt sur un point d’une carte de Brasília et je vous dis très exactement ce qui se trouve là – une maison, un bloc appartement, un édifice public, un commerce, quel type de commerce même.

 

Pour votre plus grand bonheur, je vais détailler chacun des types de secteur (des photos sont à venir pour illustrer).

 

SC – Secteur commercial

Centres commerciaux et bureaux.

Patio Brasil

Patio Brasil

Brasilia Shopping

Brasília Shopping

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SCH ou SCR – Secteur commercial d’habitations

Quincailleries, magasins de cochonnerie, restaurants économiques, supermarchés… avec appartements à l’étage.

 

SCL – Secteur commercial local

Boulangeries, pharmacies, restaurants, boutiques de vêtements, laveries… avec appartements ou bureaux à l’étage.

 

SD – Secteur des divertissements

Personne ne sait trop exactement. J’ai lu dans un livre qu’il y avait un cinéma à une certaine époque. A mon avis le concept a foiré.

 

SGA – Secteur des grandes aires

Ecoles privées essentiellement.

SENAC...

SENAC...

...une école super chère

...une école super chère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SH – Secteur hôtelier

Devine !

Des petits hôtels...

Des petits hôtels...

...et des grands hôtels

...et des grands hôtels

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SHIG – Secteur des habitations individuelles géminées

La seule possibilité de ne pas habiter dans un gros « block appartement ». C’est très bizarre parce que c’est complètement différent du reste de Brasília. Mais c’est seulement dans la série 700.

Le devant des maisons du block 703

Le devant des maisons du block 703

Le derrière des maisons du block 703

Le derrière des maisons du block 703

 

 

 

 

 

 

 

 

SMH – Secteur médico-hospitalier

Hôpitaux et cliniques publics.

Hospital SARAH Centro

Hospital SARAH Centro

 

Il existe aussi, au bout de chaque aile du plan pilote, un secteur hospitalier local avec les hôpitaux privés.

 

 

SQ – Superquadran

Le superquadran c’est l’unité de base de la vie à Brasília.

Un superquadran contient normalement, sur 16 hectares, 10 édifices résidentiels à 6 étages sur pilotis ou 20 édifices à 3 étages, une école publique, une « banque culturelle » (kiosque à journaux et qui fait aussi épicerie), un ou plusieurs petits parcs, et un mini système routier interne à une seule entrée.

 

 

SRT – Secteur de radio-télévision

Des édifices de la radio, des édifices de la télévision…

Des antennes...

Des antennes...

...des paraboles

...des paraboles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EQ – Entrequadran

Un autre concept intéressant.

Bien qu’essentiellement il y ait une rue qui sépare chaque block, parfois il n’y en a pas. A la place il y a une grande étendue d’herbe ou un bâtiment religieux. Pour circuler c’est assez embêtant parce qu’on ne peut pas traverser la ville d’est en ouest en allant tout droit. Il faut slalomer.

 

Informations  en grande partie tirées du site : http://valmi.info/index.shtml

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