novembre 2008


Juste pour faire plaisir à ma maman, je mets des photos de flamboyant pour qu’elle voit à quoi ça ressemble.

 

flamboyant-1

flamboyant-2flamboyant-3

 

Une fois, j’ai fait une sieste dans les branches d’un flamboyant, et un oiseau s’est posé sur moi. C’était pas long (ça a dû durer 5 secondes au maximum) mais c’était suffisant pour que je le raconte à tout le monde.

 

 

O flamboyant é meu arvore preferido = Le flamboyant est mon arbre préféré

Le journal télévisé au Brésil c’est vraiment n’importe quoi…

… ça ne parle que de football.

Comme je vous l’avais déjà écrit avant, l’appartement dans lequel je vis appartient au campus de l’université. Il sert à accueillir des professeurs et des doctorants de passage, pour des périodes courtes la plupart du temps (2 ou 3 jours). Je suis le seul qui reste 6 mois.

 

Parmi toutes les personnes qui ont transité dans cet appartement, il y en a 2 qui sont restées un peu plus longtemps (3mois) et que j’ai eu l’occasion de mieux connaître : Karluçio et Frederico


 

Moi, Karluçio et Frederico

Moi, Karluçio et Frederico

 

 

Karluçio est un jeune professeur de physique non titulaire. Il bosse beaucoup pour préparer ses cours et corriger les copies de ses élèves, et est payé un salaire de misère. Il se plaint tout le temps de sa vie, ce qui fait beaucoup rire Frederico.

 

Frederico, c’est un thésard argentin en sociologie. Il est venu à Brasília pour passer plein d’entretiens avec les politiques brésiliens sur la condition des ouvriers au Brésil. Un jour sur deux il rencontre un ministre, un député, un délégué syndical… Et le reste du temps, il le passe à préparer ses entretiens. Il passe des nuits entières assis à la table du salon, en buvant du maté (bah oui : c’est un argentin) et en griffonnant des trucs illisibles sur des petits bout de papier déjà bien remplis.

 

argentin-1argentin-2

 

 

Il parle très fort, avec un accent argentin très prononcé que même moi j’arrive à reconnaître. Et quand il ne connaît pas un mot en brésilien, il le dit en espagnol d’un air naturel en espérant que je ne m’en rend pas compte.

Ce qu’il y a de très marrant chez lui, c’est qu’il a des idées néo-communistes révolutionnaires (Che Guevara) et que quand tu le lances sur un sujet politique, il ne s’arrête plus.

 

En plus il a un humour cynique que j’aime beaucoup. Il envoie des jolies vannes sur Karluçio ou sur moi quand je fais Chabbat. Mais toujours avec un grand sourire aux lèvres.

 

Par exemple, il entend le bruit de l’eau dans la cuisine et sort de sa chambre :

« Que vois-je… tu fais la vaisselle ? Mais c’est Chabbat ! T’as pas le droit de faire ça… Je croyais que t’a pas le droit de travailler… Alors comme ça tu touches pas à la lumière, mais tu fais la vaisselle…

… En fait tu fais un peu ce qui t’arrange… »

 

Ou encore, quand il me voit en train de manger mon repas de Chabbat que j’ai soigneusement préparé alors qu’il a passé la journée devant sont ordinateur à préparer ses entretiens :

« Moi aussi je veux devenir juif !… T’es jamais au labo… tu passes un jour par semaine à ne rien faire à part manger et dormir… et tu passes un jour entier à cuisiner pour préparer ce jour… Si on rajoute le dimanche, ça fait trois jours par semaine sans aller au labo.

… Et ça c’est les semaines tranquilles… parce que quand il y a des fêtes juives… tu passes la semaine entière à manger et dormir ! »

 

« J’ai une nouvelle religion : je ne peux travailler que entre le dimanche soir 11h et le lundi matin 8h. T’en penses quoi ? »

 

A 3h du matin, assis à la table du salon, caché derrière des piles de livres, les yeux fatigués après 10h de boulot, et qu’il me voit revenir d’une soirée dans un club de samba :

« J’adore ta vie ! Tu sors tous les soirs avec les filles de ton labo, je t’ai jamais vu travailler, tu passes ton temps à cuisiner… et après tu te prends un jour par semaine pour te reposer de tout ça… C’est normal que tu sois toujours de bonne humeur. »

 

« Par contre, j’aime pas du tout la vie de Karluçio… Sa vie c’est de la merde… et au lieu d’essayer de changer les choses, il passe son temps à se plaindre. »

 

Et c’est à ce moment que Karluçio débarque, et que Federico se tourne vers lui :

 « Karluçio t’as vraiment une vie de merde. »

 

Parmi tant de monologues hilarants de l’Argentin concernant le Brésil et les brésiliens, j’adorais sa réponse lorsqu’on abordait le sujet des filles :

« C’est normal que je sois célibataire : je passe mon temps à faire des entretiens avec des politiciens, vieux et gros. Comment veux-tu que je rencontre quelqu’un ?… Alors que toi tu sors tous les soirs avec une dizaine de jolies filles… et pas toujours les mêmes !

… J’aurais dû faire pharmacie… »

 


Bref, il adore commenter.

Mais du coup on est devenu très amis, et j’ai même réussi à avoir quelques discussions sérieuses avec lui. C’est quelqu’un de très intéressant et très intelligent.

 

Sinon, mis à part Karluçio et l’Argentin, j’ai vu défiler toutes sortes de personnes. Une fois, il y a même eu deux sourds-muets qui ont débarqués pour quelques jours.

Il lisaient sur les lèvres et ils nous ont appris quelques rudiments du langage des signes brésilien. C’était très intéressant.

 

sourds-muets

 

 

O Argentino é muito ingrassada = L’Argentin est très marrant

Juste une photo de quelques uns de mes collègues du labo de Pathologie.

(Hugo, moi, Teresa, Thiago)

labo-patologia

Faux

 

Je ne veux pas rentrer dans une analyse économique, mais je tiens à illustrer mes propos avec des exemples précis que tout le monde comprend.

[1 € = 3 R$]

 

 

Exemple 1

Le Nutella, un produit de luxe...

Le Nutella®, un produit de luxe...

 

 

En France, le Nutella® a connu une hausse de prix tragique. En peu de temps, le pot de 750 gr. est passé de 3,00 € à 3,80 €. Lorsqu’il y a une promotion (rare) on peut le trouver à 3,05 €. Et si on a de la chance, on peut même trouver un pot de 780 gr. à 3,50 €.

 

 

Ici le pot en verre de 350 gr. (c’est-à-dire moins de la moitié) coûte 9,50 R$.

 

 

Exemple 2

 

Les billets d’avions sont horriblement chers ! Impossible de voyager pour moins de 400 € aller-retour (et encore, faut guetter les promotions). Quand je pense qu’en Europe on voyage pour 100 € sans problème, voire moins que ça.

Je vous donne un exemple des prix d’un aller et retour Brasília-Salvador (Salvador étant la ville la plus proche de Brasília parmi les destinations que je comptais faire) avec la compagnie la moins chère du marché – Voegol, une compagnie Low Cost. Les prix vont jusqu’à 350 € rien que pour l’aller :

 

 

Et je vous épargne la période Noël/Nouvel an, ou encore la période Carnaval, où les prix ne descendent pas en-dessous de 1000 R$.

Or moi j’ai quand même envie d’aller à Rio de Janeiro, à Salvador, à Manaus, à Recife, à Natal, à Fernando de Noronha, à Foz de Iguaçu, à Parati, à Fortaleza, à Chapada dos Viaderos…

Finalement, que me reste-t-il comme option ?

  • Le train ? Le réseau est quasi inexistant.
  • Le bus ? Faut avoir un peu de temps devant soi parce que Brasília-Manaus c’est 3 jours de route.
  • Rester à Brasília ? Hors de question.

Je pense que je vais devoir réduire la liste des destinations. Je vais économiser au maximum et j’espère pouvoir faire : Rio de Janeiro, Salvador, et Manaus (allez on y croit !)

 

 

Exemple 3

 

À Munich j’ai payé 7,50 € pour un accès illimité au Centre Olympique pendant tout un semestre. Ça comprend – presque – toutes les activités sportives, dont un cours de capoeira à raison de 2 x 1h30 par semaine. Mais ça c’était un tarif spécial pour les étudiants de la TUM. Sinon il existe des cours privés pour 50 € par semestre.

Ici je paye 45 R$ par mois (soit 100 € pour le semestre). Cette fois c’est 2 x 2h par semaine, mais ça ne justifie pas la différence de prix car c’est aussi censé être un cours pour les étudiants…

 

 

Exemple 4

 

Les produits importés d’une manière générale coûtent une fortune. J’ai donné un premier exemple avec le Nutella®, mais c’est pareil pour la glace Häagen-Dazs®, les Kinder®, le matériel informatique, les équipements high-tech… et ça peut donner lieu à des aberrations.

Prenons le cas des produits Casino®. En France ça ne vaut pas cher du tout parce que c’est une marque distributeur. Eh bien au Brésil ça fait chic d’acheter français. Donc le paquet de gâteaux Casino® que nous on paye moins d’1 euro, au Brésil il coûte plus du double.

0,92 € (pour l'abricot)

En France : 0,92 € (pour l'abricot)

0,86 €

En France : 0,86 €

 

 

 

 

 

 

 

0,89 €

En France : 1,00 €

€

En France : 1,18 €

 

 

 

 

 

 

 

0,65 €

En France : 0,65 €

1,25 €

En France : 1,25 €

 

 

 

 

 

 

 

1,25 €

En France : 1,35 €

0,74 €

En France : 0,74 €

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Regarde Axel ce que j’ai acheté. C’était un peu cher, mais une fois de temps en temps… »

Karluçio ( Brasília, le 22/11/08 )

 

 

Bref, vous l’aurez compris, j’ai fais une croix sur les gâteaux et le chocolat (hyper cher !). Dès que j’ai une petite faim, je mange des fruits.

Et alors là quand vous lisez ça, de deux choses l’une :

  • Soit vous êtes ma mère et vous pensez : “C’est génial. C’est beaucoup plus sain !”
  • Soit vous êtes une personne normale, et vous comprenez ma douleur parce que vous savez comme moi que c’est pas 3 bananes qui vont calmer une envie de chocolat.

 

 

 

[Je précise que j'ai commencé à rédiger cet article il y a longtemps sans le publier et que, au moment où je l'ai rédigé, la situation était bien pire (1 € = 2,40 R$). Maintenant, avec le crise, la situation s'est nettement amélioré pour moi (1 € = 3,00 R$). Donc pas d'inquiétude...]

Il y a des manguiers partout dans les rues. Le matin quand je vais au laboratoire, j’aime bien cueillir une ou deux mangues au passage…

… et les manger sur le chemin.